Qui n'a jamais fait l'expérience du "nid d'abeille" ? Il suffit de brancher une FuzzFace dans un ampli à transistor et c'est parti pour un son de guitare complètement artificiel ! Bref, ça ressemble à tout sauf à ce qu'on entend sur les meilleurs enregistrements du genre. C'est assez déroutant et l'on pourrait rapidement conclure qu'on n'est décidément pas fait pour la guitare électrique...

Revenons quelques années en arrière...

L'effet fuzz a été découvert par hasard au début des années 60 et sera définitivement popularisé par le titre "satisfaction" des Rolliong Stones. A l'époque, les seuls amplis disponibles étaient à lampe, les pédales d'effet fuzz étaient donc destinées par défaut à ce type d'amplis. Comme la plupart des circuits électroniques de fuzz ont peu évolué depuis, il donc est vivement conseillé de ne l'utiliser qu'avec un ampli à lampe afin d'obtenir un son de fuzz "authentique". Par ailleurs, la très grande sensibilité de ces circuits fait que les pédales de fuzz cohabitent très mal avec les pédales modernes équipées de buffer et ne sonnent véritablement correctement que lorsqu'elles sont positionnées au tout début de la chaîne d'effet, principalement pour une question d'impédance.

Skreddy's hobby

La Lunar Module arrive tout droit de Californie où Marc Ahlfs, alias Skreddy, met au point et assemble ses propres pédales d'effet "boutique", comme disent les anglo-saxons. Inspirée du son saturé d'un certain David G. gravé en 1973 sur "la face cachée de la lune" et qui utilisait alors une Dallas Arbiter FuzzFace, la Lunar Module de Marc s'affranchit parfaitement des contraintes d'utilisation habituelles de ce type d'effet. On peut donc brancher la Lunar Module sans problème dans un ampli à transistor sans trop avoir à se préoccuper de l'ordre du chaînage avec les autres effets. Mais si l'on souhaite retrouver le son "vintage" de l'album, alors mieux vaut utiliser une Strat, équipée d'un Seymour Duncan SSL5 ou d'un Fender Custom 69 en chevalet, branchée dans la Lunar Module suivie de près d'une pédale de délai "analogique" et d'un ampli à lampe pourvu d'un canal clair peu enclin à se laisser saturer au moindre sursaut de gain.

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Le dessus du boîtier comporte trois potentiomètres : un volume pour contrôler le niveau de sortie, un fuzz pour régler le niveau de saturation et le dernier, libellé "body", qui permet de doser la quantité des graves injectés dans le circuit de fuzz. Plus on le tourne vers la droite, plus les basses sont filtrées.

Time to fuzz

Effectivement il est très facile de retrouver le son des soli de Time ou Money en poussant quasiment tout à fond mais la pédale réagit aussi très bien au variation du potard de volume de la guitare qui permet de s'en servir en rythmique quand on le baisse significativement. Il suffit alors d'enclencher le délai et de pousser le volume de la guitare à fond pour repasser en lead, comme au bon vieux temps !

LunarModule003

Vers l'avant des flancs gauche et droit de la pédale, on remarque deux trous pratiqués de chaque côté du boîtier qui cachent en fait deux réglages supplémentaires avec à gauche le "brite" qui permet d'assombrir ou d'éclaircir le signal et à droite le "range" qui fait varier le gain en entrée pour accentuer encore un peu plus l'effet fuzz. Ses deux réglages ne sont possibles qu'à l'aide d'un tournevis plat sur le modèle ici présentée mais la Lunar Module existe aussi en version "deluxe" avec les cinq potentiomètres disposés sur le dessus du boîtier. On remarque aussi sur le flanc droit, juste à côté de l'entrée du signal, une prise standard permettant le branchement d'un transfo 9 volts.

En résumé

Avantages :
- sonorité vintage
- aucune contrainte d'utilisation
- possibilités de réglage fin

Inconvénients :
- prix "boutique"
- délai de fabrication/livraison